Abbaye de LLantarnam - La vie pendant le confinement 

En début d’année,  des nouvelles de Chine quelque peu alarmantes nous sont parvenues. Certaines parties du pays étaient en proie à un virus transmis des animaux aux hommes. Même si nous étions très inquiets pour toutes les personnes impliquées, cela semblait très éloigné de ce qui se passait au Pays de Galles. Quand Sr Breda et Sr Margareth vinrent à l’Abbaye pour la nomination de Sr Susan et du Conseil Provincial, personne ne pouvait prévoir ce qui se passerait les mois suivants. Tout changea en mars quand la situation devint très sérieuse. Au milieu du mois, il fut décidé que Llantarnam Abbey devait être fermé aux visiteurs et que les Sœurs résidant dans l’aile St Joseph seraient isolées du reste de la Communauté.

 

Sr Elizabeth était arrivée d'Annecy pour suivre une retraite qui s'est déroulée avec seulement deux autres sœurs venues de communautés locales. Elle était peu au courant de ce qui se passait, mais elle allait être confinée à l’Abbaye pendant plusieurs mois avant de pouvoir retourner en France après la  levée  de l’interdiction. Nous avons apprécié sa présence ainsi que celles des 2 autres retraitantes, Sr Punitha et Sr Jessy qui ont partagé leurs nombreux dons et talents avec nous Après le départ de l’évêque, prédicateur de la retraite, nous savions que nous n’aurions  plus l’Eucharistie pendant un temps indéterminé. Ce que nous ne savions pas, c'est qu'il faudrait près de cinq mois avant que la messe ne soit célébrée à nouveau dans notre chapelle. Cependant, les semaines suivantes, nous avons fait preuve d’imagination dans notre manière de prier, en nous appuyant sur les textes de la liturgie, à la satisfaction de chacune d’entre nous. Les sœurs ont également amélioré leurs compétences informatiques. Elles ont ainsi pu bénéficier des nombreuses émissions spirituelles fournies par internet

 

Fin du printemps / début de l'été, nous avons bénéficié d’un temps magnifique. Malheureusement nous ayons dû fermer l’abbaye  au public. Mais nous-mêmes avons vraiment apprécié les promenades dans la propriété. Fleurs, végétation compensaient toutes les restrictions que nous subissions. Les couleurs et les parfums semblaient plus intenses que les années précédentes. Chaque jour nous respirions avec délice l’air frais, apprécions le gazouillis  des oiseaux, le bruissement des insectes. Ils bénéficiaient eux aussi d’une moindre  pollution causée par la circulation. Le personnel a fait son possible pour prendre soin de nous et assurer notre sécurité. Révolu ce temps où nous étions les premières à sortir pour prendre soin des autres. Nous en avons pris une conscience plus vive. En effet la plupart d'entre nous appartenons au groupe d'âge vulnérable. Nous conformer aux recommandations était la meilleure façon d’aider. Conscientes des souffrances de tant de personnes à travers le monde, nous avons réalisé combien nous étions privilégiées et nous avons remercié le Seigneur

  Pendant cette période de confinement, la communauté a perdu quatre sœurs. Sr. Maria Angela est décédée paisiblement en mai. Sœur Anne Gabrielle et sœur Adrian nous ont quittées en juillet ; Sœur Mary James, gravement malade et mourante en septembre, s'était rétablie d’une façon inattendue. Elle avait ensuite retrouvé une certaine qualité de vie. Son départ dans la Maison du Père, le 11 novembre, nous a prises par surprise. Qu’elle repose en paix ! Les célébrations des funérailles furent très différentes de ce qu’elles auraient été normalement, mais elles ont néanmoins été très belles. Les directives du gouvernement ont changé au cours de cette période de confinement. Pour la sépulture de Sr Mary James, notre communauté, a eu la grâce d’assister à la messe de Requiem dans notre chapelle. Trente membres de la famille et amis ont pu se rendre au cimetière pour l’ultime prière. En mai, 10 personnes seulement étaient autorisées. La veille encore la règle était de cinq. Lorsque la vie aura retrouvé une certaine normalité, une messe commémorative sera alors célébrée pour  chaque sœur. Comme le temps du confinement se prolongeait, nous avons réalisé qu'il nous faudrait remettre ou supprimer certains évènements prévus. Ainsi il ne sera pas possible de fêter les noces de Sœur  Marie de Montfort et Sœur Denis Mary, avant 2021. Cependant, nous avons marqué les jubilés et anniversaires importants des sœurs de notre petite communauté tout au long de l'année, moments conviviaux de joie. Très peu de sœurs ont pu partir en vacances et celles d'entre nous qui n'avaient pas fait la retraite de mars ont dû la faire en privé dans notre communauté. Une fois de plus, nous avons eu raison de remercier Dieu pour le bel environnement dans lequel nous vivons et pour la générosité des Sœurs qui ont su créer le silence et l'espace au cours de ces huit jours de retraite.

La Province avait dû annuler la rencontre du dernier week-end de mars. Elle avait planifié celles d’octobre suffisamment tôt pour qu’elles puissent se dérouler virtuellement.
Quelle joie pour la plupart des sœurs de pouvoir participer ! et, bien que nous n'étions pas ensemble physiquement, nous avons senti une profonde unité entre nous. Nous étions excitées de voir et de parler avec des Sœurs  que nous n'avions pas vues depuis plusieurs mois. Nous étions connectées avec  le P. Paul Smyth, qui célébrait la Messe du  samedi soir dans son presbytère de Middlesex. Pouvoir participer à l’Eucharistie dans tellement d’endroits différents a mis encore plus en évidence ce sens de «l'unité». Maintenant, à l'approche de Noël, nous gardons les gestes barrières : se laver les mains ou les désinfecter, porter les masques lorsque nous visitons l'aile Saint-Joseph ou que nous faisons les courses, garder la distance  réglementaire dans la chapelle, au réfectoire ou lorsque nous parlons au personnel. Nous espérons ainsi tenir à distance ce  virus redouté. Nous ne pouvons pas nous embrasser dans les moments de tristesse ou dans les moments de fête, mais nous continuons à nous soutenir et à nous encourager les unes les autres tout au long de la journée. Covid 19 ne peut pas interdire les sourires, et les rires, si nécessaires en ces jours sombres de l'hiver au Pays de Galles.

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