Paroisses du Saint-Sacrement et de St John Lloyd Cardiff

Presque du jour au lendemain, notre vie paroissiale a changé au-delà de toute imagination. Toutes les activités habituelles ont été suspendues, les églises fermées, les Eucharisties annulées,  y compris les solennités de Pâques. Trouver de nouveaux moyens de rester en contact les uns avec les autres ne fut pas facile.


Notre principal objectif : nous assurer que les personnes étaient en sécurité, en bonne santé, avaient de la nourriture, etc. Les personnes âgées et seules étaient  tout particulièrement vulnérables et avaient besoin de visites et d’être écoutées Avec l'aide de quelques paroissiens, nous avons mis en place un réseau d'appels téléphoniques sur les deux paroisses. Les bénévoles appelaient les paroissiens en difficulté que nous aidions du  mieux que nous pouvions et qui avaient surtout besoin de parler, d’être écoutés. Nos matinées se passaient presque entièrement au téléphone. Grâce à Dieu, nous avons bénéficié de la gratuité des appels grâce à un réseau mobile désireux d’apporter sa contribution.


Nous sommes devenus très habiles (des experts) pour expliquer via le téléphone, comment se configurer à Facebook, comment accéder et regarder les messes diffusées en direct, où trouver la bonne adresse mail etc. Très souvent, on me disait : «Je suis allée à la messe au Canada ce matin » ou « j’ai assisté à la messe dans mon ancienne église paroissiale, en Irlande ». Fréquemment  la personne ajoutait : «Mais ce n’est pas la même chose qu’à la paroisse et pas de Communion. Les rencontres me manquent beaucoup. »

La solitude, l'isolement, la peur et la « soif » spirituelle ont été et sont toujours très difficiles à vivre. Et puis comment consoler  une personne endeuillée à travers le téléphone quand tout ce que l’on voudrait faire, c’est aller chez elle, l’embrasser, lui sourire.

Etre confiné, c’est être privé de la communion. Même si, de temps en temps, nous avons pu participer à une Messe dans une église.  Depuis la mi-juillet, les visites à domicile ne sont pas autorisées, sauf pour les mourants. Pour beaucoup de paroissiens les plus actifs, la peur du virus est encore si grande, que depuis la mi-mars ils sortent peu  de chez ou ont peur d’assister à la messe. La moitié ou les deux tiers environ d’entre eux reviennent peu à peu  mais pour les autres, il faudra sans doute  beaucoup plus de temps. Aussi, nous devons d'autant plus nous efforcer de rester en contact avec eux.

Autre action importante : la livraison de colis. Grâce à une généreuse subvention, nous avons pu apporter de la nourriture aux familles en difficulté à cause du manque de travail ou de licenciements. Aux personnes seules, nous pouvions offrir quelques produits de luxe tels du chocolat ou des fruits. Pour la plupart, ce n’était pas tant le cadeau qui importait mais la visite, le fait qu’on pensait à elles.

Nous manquions souvent d’argent, mais les paroissiens ont été très généreux. Souvent nous avons trouvé dans la boite aux lettres,  un don anonyme avec la mention : «Pour aider les personnes dans le besoin. » ou bien : «Je ne peux pas venir vous aider mais voici un peu d’argent pour régler les factures". Nous avons même organisé, chaque semaine, une vente, avec un stand unique dans le jardin au lieu de la grande vente habituelle dans la salle paroissiale. Très bonne initiative stimulante pour les paroissiens qui cherchent des solutions à tous ces problèmes.

                                       

Maintenant les messes sont célébrées régulièrement, en respectant la distanciation exigée. Les mots tels que «bulles» «intendants» «désinfectant» sont devenus termes courants, même dans notre communauté paroissiale ! Les autres activités - groupes de prière, préparation au baptême, rencontres autour d’une tasse de thé après les messes de la semaine, soupes du vendredi - n'ont pas encore repris mais nous espérons que cela ne saurait tarder.

D’autres signes de vie et d'espoir commencent à émerger. Nous avons récemment célébré 16 premières communions en plusieurs petits groupes, reportées depuis juin, mais sans chants et en respectant la distance entre chaque communiant. Ces célébrations ont certainement apporté un sentiment de joie et d'espoir pour l'avenir. Actuellement, nous avons hâte de fêter Noël, même si nous ne pouvons pas le célébrer avec des cantiques !


Oui, la Covid a lancée un défi à nos paroisses, mais personnellement, je pense qu’elle  a aussi suscité beaucoup de bonté, de compassion et de compréhension. Oui, cette période est difficile, mais nous espérons que cette épreuve nous fera grandir et devenir des communautés plus fortes avec un sens plus grand d’ouverture aux autres et une foi plus profonde.

Sr Marie de Montfort, Rumney, qui travaille dans la paroisse du Saint-Sacrement et la paroisse voisine de St John Lloyd.

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